• Les écrits de Pierre Rich

    Auteur de textes poétiques, documentaire, engagés.

    We commit ourselves to immortalize the splendor of the landscapes, the mountains and the forests, revealing the hidden stories behind each image. Capture the Beauty Our Vision Born in 1963 in Versailles, professional photographer residing in the heart of the Alsatian Vosges, teacher, organizer of exhibitions and shows, Pierre Rich is interested in photographing, here or elsewhere, strange landscape sites and particularly mountainous environments, forests, and stones. Primarily a nature and heritage photographer, he is committed to translating the subtleties, myths, and humanism in a sharp and refined approach to framing and light. His images convey all the plastic and visual qualities of nature, at the center of his work, in an inspired wandering. For several years, he has been focusing on presenting photography differently, alongside more "classic" displays of his images, in the form of landscape installations and performances. He regularly exhibits his images and also publishes numerous photography books that are calls to marvel at the splendor of the World.

    Son livre sur l'éducation (Libre et Solidaire éditions)

    [...] l’auteur est amené à dénoncer les côtés pernicieux du système et à soulever quelques pièges et embûches : non-dits et malentendus, orientations idéologiques et autoritaires, gestions managériales et glissements sémantiques, effets néfastes du « tout numérique » et remise en cause de la liberté pédagogique. [...]

    Our creations go beyond the simple exhibition; they invite to an immersive experience that reinvents the appreciation of photography. Artistic Installations Our Vision Born in 1963 in Versailles, professional photographer residing in the heart of the Alsatian Vosges, teacher, organizer of exhibitions and shows, Pierre Rich is interested in photographing, here or elsewhere, strange landscape sites and particularly mountainous environments, forests, and stones. Primarily a nature and heritage photographer, he is committed to translating the subtleties, myths, and humanism in a sharp and refined approach to framing and light. His images convey all the plastic and visual qualities of nature, at the center of his work, in an inspired wandering. For several years, he has been focusing on presenting photography differently, alongside more "classic" displays of his images, in the form of landscape installations and performances. He regularly exhibits his images and also publishes numerous photography books that are calls to marvel at the splendor of the World.

    Les pierres

    Nos créations vont au-delà de la simple exposition; elles invitent à une expérience immersive qui réinvente l'appréciation de la photographie.

  • ÉDUCATION NATIONALE

    GRANDEUR ET DÉCLIN

    un enquête intérieure

    Introduction (extraits)

    [...] Se contenter de donner des pistes de réflexion ne suffit certainement pas. C’est une insurrection qu’il nous faut entreprendre, c’est un appel à remettre en cause nos modes de pensée si « train-train quotidien », à sortir de nos petites peurs égoïstes, à réviser nos certitudes universitaires et scolaires enracinées, à envisager autrement ce métier difficile et exaltant à la fois. Cette enquête intérieure de l’intérieur n’est qu’une contribution humaine et citoyenne aux différents débats relatifs aux questions éducatives, une exhortation à plus de courage et de probité, à redonner de la grandeur et de la noblesse au métier. Si cette contribution peut faire tomber quelques murs ou murets, elle aura trouvé son chemin. Alors, faut-il aller respirer un autre air ou simplementouvrir les fenêtres et aérer la classe ? À cette question buissonnière, il est urgent de répondre. [...]

    À certains moments, dans une sorte de fulgurance passagère et un découragement bien humain, ou par quelques éclairs lucides, cette si jolie histoire prend les jambes à son cou. Parfois le cou s’enfonce dans la terre et l’on devient l’autruche qui ne veut pas regarder
    la situation. D’autres fois un pansement suffit, quand l’hémorragie s’installe insidieusement sans qu’on l’ait vu venir. Ce beau tableau réaliste et idéal de l’enseignement se fissure et se craquèle. Certaines zones sont plus touchées que d’autres. Alors on jugule l’afflux, on répare ce qu’il reste à réparer, on fait des retouches, on décape, on remet du vernis, on adopte la célèbre méthode du « mais non, tout va bien, on va y arriver, restons positifs ». Et on repart de plus belle, pour raccrocher le wagon de cette jolie histoire,dont on est bien obligé d’accepter le scénario, [...]

    En porte-à-faux
    — Ça commence par une belle histoire

    Qu’est-ce que l’« Ascenseursocial » ? C’est au départ une idée magnifique, démocratique et très bien intentionnée qui consiste à offrir les mêmes chances à tous les élèves, et
    particulièrement à ceux qui sont défavorisés, en difficulté passagère, en décrochage et issus d’un milieu social moins ouvert à la culture. Pour pallier ces différences de destinée,
    l’« Ascenseur » social nous propose d’emmener les classes dans un programme culturel commun. La Culture est à envisager dans un sens très large, pour que tout le monde éducatif s’y retrouve, incluant les sciences, les langues étrangères, les sciences humaines, les technologies et les arts. Et puis on met en place des plans d’aide personnalisés et des dispositifs de remédiation. Grâce à toutes ces mesures, l’espoir nait de la réussite de tous, presque simultanément, tout au moins le souhaitons-nous, par un nivellement ascensionnel. Pour de nombreux élèves,
    la cage d’escalier est ouverte, mais l’exercice de la verticalité se fait péniblement de marche en marche. Pour quelques autres l’ascenseur les propulse tout de suite à l’étage optionnel de leur choix, par un simple bouton de commande. Facilités, labeurs, dispositions, difficultés, disparités : nous sommes tous dans le gratte-ciel communautaire où l’« Ascenseur
    social » devient parfois l’Escalier social. Mais qu’importe,puisque nous sommes tous destinés à parvenir au même point d’arrivée, vers le sommet. C’est la belle histoire qui prend ses ailes et qui poursuit son chemin vaille
    que vaille. Tout cela bien sûr nous le critiquons, nous marquons notre indépendance d’esprit en nous désolant que cet ascenseur, que nous écrivons désormais en minuscule pour ne pas lui donner tout de même trop d’importance,
    ne soit pas toujours à la hauteur de nos espérances.

    Ascenseur ou escalier

    — Ça commence par une belle histoire



    Le cheval de Troie entre dans la forteresse : le grand remplacement sémantique. Les changements linguistiques, qui sont ouvertement désignés comme une adaptation nécessaire à la réalité d’aujourd’hui, ont été décrits magnifiquement par Franck Lepage, dans ses conférences gesticulées. Les vocables objectifs et réels glissent lentement vers des expressions positives, on dirait presque édulcorées. Elles sont très présentes dans l’éducation, comme d’une manière plus générale dans le milieu des très grandes entreprises. Ces altérations sont vérifiables à tous moments clés de l’évolution du métier. En voici quelques exemples édifiants : «sévérité» devient «bienveillance rigoureuse», «exigence» devient «bonne volonté», «correction» devient «évaluation positive», «sélection» devient «pédagogie différenciée», «pouvoir hiérarchique» devient «gouvernance». Bien entendu les termes de remplacement sont agréables à entendre. Ils sonnent bien et ils paraissent nécessaires. Ils évacuent cependant toute appréciation objective et toute contestation des réalités du terrain. Ils endorment nos facultés critiques et nous laissent impuissants et passifs dans nos réflexions et nos possibilités de réaction, submergés que nous sommes par la course
    effrénée du travail quotidien. Ces mots doux et tellement plus agréablesà entendre peuvent très vite se transformer en « miroirs aux alouettes ». À l’heure où l’on réhabilite le terme d’éloquence, à travers les épreuves orales du baccalauréat, sensées être calquées sur un grand oral de Sciences-po ou de Normal sup, il faudrait se poser la question dece qu’elle entraine avec nous de sous-entendus sophistes, de superficialité et d’esprit «start-up» : le brio, la rhétorique, lecharme peuvent vite devenir le verbiage, la péroraison, la logorrhée et faire ressurgir malgré nous la prose ridicule de monsieur Jourdain ou les vers pompeux de monsieur Trissotin.

    Franck Lepage, Inculture(s) : L’Éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu, conférence gesticulée, festival Octobre Bouge, Malakoff,1992.
    Molière, Le Bourgeois Gentilhomme.
    Molière, Les Femmes Savantes.

    Les maux des mots

    — Pièges et chevaux de Troie



    Le cheval de Troie entre dans la forteresse : le grand remplacement sémantique. Les changements linguistiques, qui sont ouvertement désignés comme une adaptation nécessaire à la réalité d’aujourd’hui, ont été décrits magnifiquement par Franck Lepage, dans ses conférences gesticulées. Les vocables objectifs et réels glissent lentement vers des expressions positives, on dirait presque édulcorées. Elles sont très présentes dans l’éducation, comme d’une manière plus générale dans le milieu des très grandes entreprises. Ces altérations sont vérifiables à tous moments clés de l’évolution du métier. En voici quelques exemples édifiants : «sévérité» devient «bienveillance rigoureuse», «exigence» devient «bonne volonté», «correction» devient «évaluation positive», «sélection» devient «pédagogie différenciée», «pouvoir hiérarchique» devient «gouvernance». Bien entendu les termes de remplacement sont agréables à entendre. Ils sonnent bien et ils paraissent nécessaires. Ils évacuent cependant toute appréciation objective et toute contestation des réalités du terrain. Ils endorment nos facultés critiques et nous laissent impuissants et passifs dans nos réflexions et nos possibilités de réaction, submergés que nous sommes par la course
    effrénée du travail quotidien. Ces mots doux et tellement plus agréablesà entendre peuvent très vite se transformer en « miroirs aux alouettes ». À l’heure où l’on réhabilite le terme d’éloquence, à travers les épreuves orales du baccalauréat, sensées être calquées sur un grand oral de Sciences-po ou de Normal sup, il faudrait se poser la question dece qu’elle entraine avec nous de sous-entendus sophistes, de superficialité et d’esprit «start-up» : le brio, la rhétorique, lecharme peuvent vite devenir le verbiage, la péroraison, la logorrhée et faire ressurgir malgré nous la prose ridicule de monsieur Jourdain ou les vers pompeux de monsieur Trissotin.

    Franck Lepage, Inculture(s) : L’Éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu, conférence gesticulée, festival Octobre Bouge, Malakoff,1992.
    Molière, Le Bourgeois Gentilhomme.
    Molière, Les Femmes Savantes.


    Des chiffres, des écrans et courriels
    — Pièges etchevaux de Troie